« Toujours croire en ses rêves » Interview croisée
28.02 2024

« Toujours croire en ses rêves »

Ils sont au Saint-Etienne Handball depuis juillet 2022 et viennent tous les deux de La Réunion. Olivier Ah-So et Gauthier Gardenat, 22 ans, étoiles montantes du handball stéphanois, sont inséparables. Interview croisée, destins liés.

Olivier Ah-So Gauthier Gardenat

Tout a donc débuté à La Réunion ?

Oui, c’est ça… J’ai commencé le hand à 4 ans au club de Saint-Benoît. Mon père pratiquait ce sport… Je l’accompagnais tout le temps sur les terrains, j’avais toujours un ballon à la main. Pour moi, c’est à 8 ou 9 neuf ans, je ne sais plus trop… A Saint-Gilles-Les-Hauts, pas très loin du club d’Olivier. On était voisins… Mon grand frère jouait, j’allais voir tous ses matches, l’envie est venue comme ça.

Vous jouiez l’un contre l’autre ?

Oui, c’est arrivé… Mais à partir du moment où on a intégré le Pôle Espoirs pendant l’adolescence, on était plus coéquipiers qu’adversaires. En moins de 16 ans, je me souviens d’un match à Saint-Benoît, contre lui… C’était chaud… Comme un derby. Un petit derby…

 

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans ce sport ?

C’est un vrai collectif… Sans osmose, vous ne pouvez pas aller loin. On défend tous, on attaque tous. Au foot, c’est différent, à certains postes, tu n’es pas obligé de te donner à 100% en défense et inversement. Au hand, tu n’as pas le choix. Tu dois être bon partout. La solidarité. Si les joueurs ne sont pas solidaires, tu ne peux pas avancer. C’est la base de tout.

Olivier, vous êtes ailier gauche, Gauthier est pivot. Quelles sont les qualités nécessaires pour pouvoir bien figurer à ces deux postes ?

Il faut savoir anticiper les phases défensives et avoir une gamme de shoot la plus large possible.

Pivot, c’est un poste très physique… Il faut savoir mémoriser les schémas tactiques. Le ballon peut arriver à tout moment. On reçoit et on donne beaucoup de coups (rires). Avant je jouais demi-centre (rires)… Je ris parce que ce poste, c’était mon préféré, je rêvais d’y faire carrière quand j’étais gamin. C’est à 13 ans que je suis devenu pivot. J’étais en sélection réunionnaise et il y avait trop d’arrières… Je ne regrette pas mais si on me fait jouer demi-centre, je dis banco (rires)… Le poste de demi-centre, c’est le jeu… C’est celui qui voit tout.

Après le Pôles Espoirs, vous quittez La Réunion pour la Métropole. Là, vous vous retrouvez loin l’un de l’autre…

Effectivement, j’ai atterri à Dunkerque, lui à Nîmes. Ce n’est pas la première fois que je quittais La Réunion. J’ai été repéré en sélection de jeunes… A Dunkerque, je suis resté deux ans et j’ai goûté à la Première division. C’est un niveau de dingue… Chaque joueur est au top, il n’y a aucune faille.

Moi, c’est ici, à Lyon, que j’ai été repéré…

Attention, ici, on n’est pas à Lyon…

(Rires)… En effet… J’ai été repéré par Nîmes lors d’un tournoi dans lequel il y avait beaucoup de recruteurs. J’aurais pu rejoindre d’autres clubs, mais à Nîmes, je savais qu’il y avait le soleil. Puis, je suis parti à Hazebrouck, pas très loin de Lille… Avec Olivier, on s’est retrouvés, les deux villes sont proches l’une de l’autre.

Et comment êtes-vous arrivés à Saint-Etienne ?

Quand Gauthier a signé, il m’a proposé de le rejoindre. J’ai envoyé une vidéo à l’entraîneur. On m’a présenté le projet et j’ai donné mon accord. Après Hazebrouck, je suis rentré un an à La Réunion, ça me manquait… Puis, j’ai voulu à nouveau tenter ma chance au haut niveau. J’ai posté une annonce sur Handball Transferts et j’ai envoyé des mails à tous les clubs de N1 et N2. Peter (Gerwert, NDLR), l’entraîneur de Saint-Etienne, m’a contacté et rebelote… Il me connaissait, je lui avais envoyé des vidéos.

Et depuis, comment jugez-vous votre expérience stéphanoise ?

Il y a un manque oui, c’est sûr… Les repas, la plage (rires)… La famille. Mais on y retourne régulièrement pendant les vacances… Nos proches viennent aussi. On vit une belle expérience et on s’est adaptés très vite grâce au bel accueil qu’on a reçu. De manière très positive… J’avais entendu dire que Saint-Etienne était la pire ville de France. Aujourd’hui, je peux dire que c’est faux. La famille me manque, c’est sûr, mais c’est une bonne chose, au bout du compte. C’est une expérience que je conseille aux jeunes handballeurs réunionnais.

Quand on est un jeune handballeur prometteur, l’ambition, c’est de jouer au plus haut niveau ?

Quand on petit, on rêve d’être pro… C’est toujours un but mais je suis plus focalisé sur l’instant. Pour espérer évoluer à l’échelon le plus élevé, il faudra que je progresse sur la répétition des efforts. Avec du travail, tout peut aller vite… On ne sait jamais. Il ne faut jamais rester sur ses acquis. Il ne faut pas avoir de regrets. Si tu es bon à un endroit, tu seras automatiquement mis en valeur.

Quels sont les joueurs qui vous ont marqués ?

Evidemment… Moi, je dirais Michaël Guigou. Cédric Sorhaindo. Il y a Jackson Richardson forcément…

Que diriez-vous à un enfant pour le convaincre de jouer au hand ?

Je lui dirais de jouer au foot, il y a plus d’argent (rires). La clef, c’est le plaisir que tu prends sur le terrain. Et le hand est un sport dans lequel on peut en prendre. C’est ce qu’on dit à nos moins de 11… On entraîne une équipe ensemble ici. Le plaisir, c’est la base de notre discours. Il ne faut pas se forcer à faire quelque chose, ça me parait évident.

Et comment se passe la cohabitation avec les jeunes que vous encadrez ?

Quand j’ai quelque chose à dire, je le dis. Et inversement, ça fonctionne bien. Je me revois quand j’étais petit, quand j’avais tout le temps un ballon à la main.

On adore transmettre. Voir un jeune progresser, c’est top, très franchement. Cela nous donne des idées pour la suite, sait-on jamais…

Dernière question : vous avez appris à dire « Allez les Verts » ?

Propos recueillis par Xavier Cerf

 

Photo : prisca_photography

NOS PARTENAIRES INSTITUTIONNELS

Site oxygéné par Les globules